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dimanche 11 décembre 2016

Chronique : Jaworski - Gagner la guerre

Titre : Gagner la guerre
Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Éditeur : Les moutons électriques
Genre : Fantasy

Je me souviens du jour où l’on m’a parlé de Jean-Philippe Jaworski, que mon interlocuteur me désignait comme un maître de la fantasy. Ayant toujours été friande des genres de l’imaginaire et de l’écriture ornementée, je me suis intéressée à sa bibliographie. J’ai lu tout d’abord son recueil de nouvelles, Janua Vera, que j’ai beaucoup apprécié. J’ai commencé Gagner la guerre et l'ai dévoré en quelques jours.



Qu'est-ce que Gagner la guerre ?

Gagner la guerre se déroule dans un univers inspiré de la renaissance Italienne. Nous y suivons les péripéties de Don Benvenuto, un personnage que les lecteurs avaient déjà découvert dans « Mauvaise donne », une nouvelle appartenant au premier recueil de l’auteur, Janua vera. Maître assassin, il devra faire appel à toutes ses facultés de réflexion et à son agilité pour tirer son épingle du jeu et réaliser la mission qui lui est confiée par le podestat Leonide Ducatore, dirigeant de la république de Ciudalia.

Un roman riche et innovant  :


La première fois que j’ai lu le roman, j’étais partagée entre la surprise et l’amusement. L’auteur sait nous plonger dans cette histoire, brillamment narrée par Benvenuto Gesufal, qui nous présente le travail dont l’a chargé le podestat. Bien qu’un peu étonnée par l’emploi de la première personne, j’ai pu par la suite remarquer que ce choix donnait une véritable dimension cynique au récit. Jaworski nous fait voir le monde par les yeux d’un assassin, non pas motivé par un désir de rédemption comme on pourrait le croire, mais suivant sa logique, sa propre rage de vivre. Ce point de vue si particulier apporte à l’histoire un dynamisme et un caractère qu’elle n’aurait pas eu sans cela et qui se ressent même dans le style d’écriture. Je n’ai pas cessé d’aller de surprise en surprise, et ai été emportée jusqu’à la dernière ligne.

samedi 3 décembre 2016

Chronique : Les Géants de fer - Yvan Postel

Titre : Les géants de fer, Tome 1
Auteur : Yvan Postel
Éditeur : Nats Éditions
Genre : Manga Shonen
Résumé :
« Il est dit qu´un jour,
un grand guerrier arrivera...
Fier, courageux et juste.
il saura réveiller et commander
les géants de fer »





Je ne suis pas vraiment une adepte des mangas, j’en ai lu quelques-uns dans ma vie, mais je n’ai jamais fait de chronique sur le sujet étant davantage attirée par les romans/fictions. Pourtant, quand j’ai vu les Géants de Fer d’Yvan Postel, je n’ai pas hésité à me proposer. Je remercie d’ailleurs Nats Éditions pour m’avoir accordé ce service presse.

L'histoire en bref 


L’histoire se déroule sur la planète Alkinoïde, où se trouve le Burium, une source d’énergie rare. Les habitants d’Alkinoïde sont réduits en esclavage et contraints de travailler nuit et jour dans ces mines pour le compte du nouveau gouverner Roghur venu s’emparer du Burium. Dans ces heures sombres, ils se raccrochent à une légende, prétendant qu’un guerrier aura le pouvoir de réveiller les Géants de Fer pour venir les libérer de la tyrannie.

dimanche 16 octobre 2016

Chronique : Pouvoirs - Marièke Poulat

Titre : Pouvoirs (site consacré au livre) 
Auteur : Marièke Poulat
Genre : Fantasy
Public : Ado
Résumé : La famille Sora est une famille sorcière très réputée de la ville-nuage de Cumulus, située à plusieurs kilomètres au dessus de notre monde.
Cléalia Sora a 16 ans quand Amalia, de deux ans son aînée, revient de son Apprentissage, titulaire du titre de Sorcière. Tout oppose les deux soeurs. Cléalia ne sait pas maîtriser ses pouvoirs, Amalia est très douée. Cléalia refuse l’autorité et les choix de ses parents, Amalia ne les questionne pas. Cléalia rêve de découvertes, Amalia, de stabilité.
Dépassée par la pression et la jalousie qu’elle éprouve, Cléalia fugue et atterrit par erreur dans notre monde – un monde qu’elle a toujours voulu comprendre. Elle décide d’y faire son Apprentissage, coûte que coûte. Cette décision va changer sa vie et celle de sa soeur.

Ma chronique


J’ai découvert  Pouvoirs sur le très bon site Mécanismes d’histoires de Marièke Poulat. Le résumé a immédiatement suscité mon intérêt, ainsi que la très jolie couverture réalisée par Tiphs. Quelques jours plus tard, le roman arrivait dans ma boite aux lettres. Je remercie beaucoup Marièke de m’avoir confié ce service presse, que j’ai beaucoup aimé.

dimanche 2 octobre 2016

Chronique : Les Temps d'une vie, Enel Tismaé

Titre : Les temps d’une vie
Auteur : Enel Tismaé
Maison d'édition : Nats éditions
Genre : Fantastique, Mythologie
Public : Ados – Jeunes adultes ?
Résumé :
« Et si… » un vieillard qui se présente comme Chronos, Dieu du Temps et de la Destinée, vous proposait de revenir en arrière pour refaire votre vie que vous estimez complètement ratée ?
C´est dans cette situation que se trouve Kayla, future maman de 26 ans, abandonnée de tous, perdue et pleine de regrets. L´occasion rêvée de se reconstruire une vie parfaite… Encore faudrait-il que ce vieux fou soit bien Chronos !
Kayla choisit de le croire et se retrouve embarquée pour un tas d´aventures dans le Temps, accompagnée de l´insupportable mais tellement beau Samuel, Gardien de l´Olympe, pour tenter de réparer ses erreurs.
Une seule règle : ne pas chercher à sauver ceux qui sont destinés à mourir, sous peine de terribles représailles de la part d´Hadès, Roi des Morts.

Mon avis : 

J’avoue que je suis un peu ennuyée… Ce n’est pas la première fois que je lis des livres de chez Nats Editions et d’ordinaire, j’aime beaucoup la ligne éditoriale de cette maison. Mais cette fois-ci, je dois avouer que je n’ai pas eu le même ressenti avec Les temps d’une vie. Je sais qu’il y a eu de très bons échos pour ce roman, mais de mon côté, je ne suis pas parvenue à entrer dans l’histoire, et ce, pour plusieurs raisons :

Le style d’écriture est volontairement oral pour correspondre au caractère du personnage principal et narratrice Kayla. Mais celui ci ne m’a pas attiré. Il versait souvent dans la maladresse et la répétition. Je ne savais jamais trop dans quel registre de langue je me trouvais. De même, il m'a semblé que les descriptions n’étaient pas assez fouillées, le rythme manquait parfois de structure, et l’ensemble restait trop familier pour moi.

dimanche 21 août 2016

Chronique : Les temps assassins, T1 Rouge Vertical - Pierre Léauté

Crédit photo : Le peuple de Mu
Titre : Les temps assassins – Tome 1 : Rouge vertical
Genre : Uchronie
Auteur : Pierre Léauté
Éditeur : Le peuple de Mü éditions
Résumé :
La mort vous libère de tout.
Sauf de vos démons intérieurs.
Après une vie de trahisons, d'aventures et de défis, les flammes de l'enfer lui sont interdites.
Condamnée à errer sur Terre, Charlotte Backson va réapprendre son humanité et laisser derrière elle sa dernière incarnation, Milady de Winter.

Du moins, c'est ce qu'elle croit…


Je connais Pierre Léauté depuis quelque temps déjà. J’avais eu l’occasion de chroniquer son très bon dyptique Mort aux grands et Guerre aux grands qui laissait augurer le meilleur pour ses publications à venir. Alors, lorsqu’il m’a parlé d’un tout nouveau projet mêlant Uchronie et Fantastique, j’étais naturellement très impatiente de le découvrir.

Je ne parle pas souvent de la finition d’un livre (couverture, reliure, etc.) mais en l'occurrence, je me dois d’y consacrer un mot. Ce premier tome est un véritable objet – livre qui trône fièrement dans ma bibliothèque. La couverture est sublime, le papier agréable, les illustrations à l’intérieur sont de toute beauté, et l’effet en dur apporte vraiment du cachet à l’ensemble. C’est un roman qui attire l’œil, à plus d’un titre ! 

dimanche 7 août 2016

Chronique : Treize - Aurore Bègue

Titre : Treize
Auteur : Aurore Bègue
Editeur : Rue Fromentin
Résumé : Alice, treize ans, part en vacances en famille sur la côte méditerranéenne.
Durant cet été, elle observe sa sœur aînée, Marie et son comportement face aux hommes. Les trois ans qui les séparent lui semblent être désormais un fossé infranchissable.
Elle porte aussi un regard lucide sur sa mère fragile psychologiquement et son père qui surjoue la normalité pour rassurer ses filles.
A treize ans, on est parfois plus réaliste que les autres. Alice sent avant tout le monde le drame qui se noue pendant ces vacances et va bouleverser toute son existence.

Un premier roman à l’atmosphère tendue et envoûtante. Un texte poignant et juste sur la collision entre les attentes de l’adolescence et les lâchetés du monde adulte.

Aujourd’hui, je vais vous parler de Treize, ce drame contemporain que j’ai eu l’occasion de découvrir il y a quelques semaines et qui m’a véritablement marqué.
Le lecteur est emporté par la plume d’Aurore Bègue qui retranscrit à merveille les pensées de son héroïne, et confère au roman une atmosphère tout à fait particulière qui nous habite encore une fois la dernière page tournée. 

jeudi 28 juillet 2016

Chronique : Vies parallèles - Sonia Bessone

Titre : Vies parallèles
Auteur : Sonia Bessone
Éditeur : Nats Edition
Genre : recueil de nouvelles
Résumé : Ils s’appellent Terence, Kyle, Pam ou David.
Ce sont des anonymes menant des vies ordinaires... ou presque.
Il suffit d’un rien pour que leurs existences basculent vers d’autres réalités.

Vies parallèles est un recueil de nouvelles que j’ai eu l’occasion de découvrir en service presse, je remercie beaucoup Nats Editions pour me l’avoir accordé. Je suis sortie avec un avis mitigé de ma lecture bien qu’elle soit parvenue à me séduire sans difficulté, car je l’ai trouvé hétérogène. Je m’explique :

La plume de l’auteur est plaisante et professionnelle. Peu de répétitions, le rythme est maitrisé, très direct, on ne se perd pas en fioriture tout en ayant suffisamment d’information pour nous immerger dans le récit. Le rythme est maitrisé et donne au texte une dynamique qui colle tout à fait à l’ambiance « thriller » de la première partie.
Et puisque l’on parle de cette fameuse partie, je suis sortie conquise de l’histoire de Terence Wilkes. Il est question d’un auteur ayant abandonné l’écriture pour échapper à ce qu’il croit être une malédiction : chaque évènement qu’il couche sur papier affectant de gré ou de loin un de ses proches. Mais alors qu’il rencontre une fan de la première heure, voilà que le passé le rattrape, inexorablement. Il y a là tous les éléments d’une bonne intrigue, et le pari est réussi puisque j’ai été absorbée par ma lecture. Les personnages sont travaillés, authentiques et fouillés, ce qui m’a donné une bonne première impression.

mercredi 20 juillet 2016

Chronique : Nos âmes jumelles, Samantha Bailly

Titre : Nos âmes jumelles
Auteur : Samantha Bailly
Genre : Roman ado
Éditeur : Rageot
Résumé : Sonia est la plume, Lou le crayon.
Ensemble, elles inventent, osent, racontent, décrivent...
Y seraient-elles parvenue l'une sans l'autre ?
De virtuel sur un forum, leur duo peut-il leur faire vivre une amitié réelle ?


J’ai découvert Samantha Bailly, il y a peu de temps, par le biais de son site internet. Très vite, j’ai dévoré tous ses articles et regardé les vidéos de sa chaine Youtube. Il suffit que vous lisiez ce blog pour comprendre que j’aime écrire mais j’aime également parler d’écriture, ce qui m’amène toujours à découvrir les articles d’autres auteurs. De fil en aiguille, je suis tombée sur son roman Nos âmes jumelles, qui abordait à la fois la question de la création et de l’adolescence sous un angle différent. J’ai été séduite. Je l’ai acheté et dévoré en une journée seulement (pour ma défense, j’avais un long trajet en train).

La première chose qui nous marque est sans doute le style d’écriture. Samantha Bailly n’en est pas à son coup d’essai et cela se sent. Elle entraine le lecteur par sa plume fluide, directe et efficace. Le vocabulaire est choisi, les dialogues restent « jeunes » sans tomber dans la caricature et s’adaptent finalement très bien à la personnalité des protagonistes. Les descriptions sont brèves mais efficaces ; elles posent des points d’ancrage et nous permettent de visualiser ce dont il est question en nous laissant une liberté d’imagination. Par cette écriture maîtrisée, le lecteur s’immerge sans difficulté dans l’histoire.

jeudi 14 juillet 2016

Chronique : Aldara, un amour de femme, Dominique Simon

Auteur : Dominique Simon
Titre : Aldara, un amour de femme
Éditeur : Z4 éditions
Genre : Tranche de vie, érotisme léger
Résumé : Aldara s’était aperçue dès l’enfance que seules les personnes de son sexe l’attiraient, et n’imaginait trouver jouissance qu’auprès du féminin.
Arrivée à l’âge d’être mariée, elle est poussée par les siens à épouser le prétendant qu’ils lui ont choisi.
Aldara hésite sur la conduite à tenir. Partagée entre le goût insatiable qu’elle a pour le corps des filles et l’existence d’épouse qu’on lui propose. Pourtant, il faut choisir ! Suivre le vrai de sa nature ou abdiquer, céder à la pression familiale… Si ce texte relate de façon parfois crue les circonstances et les évènements qui finiront par conduire l’héroïne à suivre son chemin, il met aussi en lumière les mécanismes étranges qui président à notre destinée. Comme si nous n’étions comptable que des itinéraires que nous choisissons d’emprunter, l’essentiel étant déjà ourdi…


J’ai découvert ce livre en partenariat, et je remercie l’éditeur et l’auteur de m’avoir permis de le lire. D’ordinaire, ce n’est pas un genre vers lequel je me tourne, mais accordant énormément d’importance aux personnages et à leur évolution, je me suis laissée tenter par ce roman. 

Je suis ressortie assez mitigée de cette lecture car il m’a fallu du temps pour m’immerger, la première partie du texte m’ayant mis relativement mal à l’aise. Mais, une fois emportée par le récit, j’ai découvert une histoire intéressante, traitée avec justesse, nous dépeignant au mieux l’évolution d’Aldara, cette jeune femme tiraillée entre ses désirs et la pression sociale qui la pousse sur une autre voie.

samedi 28 mai 2016

Chronique : Helia Meldyn, Tome 1: La fille du vent - Hina Corel



Titre : Helia Meldyn, Tome 1: La fille du vent
Auteur : Hina Corel
Éditeur : Nats éditions
Genre : Fantasy  
Résumé : Les choses s’enchaînent pour Helia depuis qu’elle a passé autour du cou son magnifique collier argenté. Repérée par la très réputée confrérie des Tueurs Écarlates, la jeune fille apprend alors que son bijou est magique et qu’elle ne peut le retirer sans perdre la vie ! Pire, l’objet risque d’attirer les voleurs ! Les Tueurs Écarlates lui proposent donc de les accompagner jusqu’à la capitale pour y subir un entrainement militaire dans une prestigieuse école. Une chance pour Helia de voyager mais surtout de retrouver des traces de son père disparu... Mais la vie à la capitale n’est pas de tout repos et des ennemis rôdent dans les ténèbres. ?

J’ai eu l’occasion de lire ce roman en service presse, je remercie Nats Edition de m’avoir permis de le découvrir. À vrai dire, j’attendais beaucoup de ce livre et je suis sortie de ma lecture en partie satisfaite.  

       Le style de l’auteur est agréable, quoiqu'un peu scolaire. J’ai noté la présence de certaines répétitions qui m’ont parfois embêté dans la lecture, mais le rythme est agréable et le roman se lit facilement.  Les descriptions, quant à elles, sont efficaces et l’on se visualise facilement ce dont il est question. Dans l’ensemble, les dialogues s’accordent bien aux personnages et sont utiles à l’intrigue.
Puisque l’on parle des protagonistes, je dirai qu’il s’agit du point qui m’a le plus plu dans l’histoire. Ils sont nombreux, ont du caractère et un but propre, ce qui les rend fouillés et cohérents. L'héroïne, Helia, en est le parfait exemple puisqu’elle évolue tout au long de l’intrigue, que ce soit mentalement ou physiquement, sans jamais perdre de vue son objectif, retrouver son père.
       Il se dégage de ce roman une ambiance particulière, tout à fait marquante qui donne envie de poursuivre la lecture et de s'immerger dans l'histoire.

mardi 10 mai 2016

Chronique : Noé - Sébastien Tissandier


Titre : Noé
Auteur : Sébastien Tissandier
Genre : Anticipation
Éditeur : Le peuple de Mu
Résumé :
« Il venait d’avoir une idée.
Une idée folle. Complètement folle. »

À cette époque, les déplacements à la surface de la Terre se font par l’intermédiaire de portails spatio-temporels. La planète est surpeuplée et les vastes étendues sauvages de l’Afrique de l’Est ont disparu depuis des décennies.

Désormais, cette faune ne se rencontre plus que dans des hololivres. Noé, inventeur des portails, va braver tous les interdits pour que le rêve de son fils, bientôt aveugle, devienne réalité.

Sébastien Tissandier nous livre un récit tendre et attachant et revisite un mythe fondateur où la course pour la survie vaut moins que l’amour d’un père pour son fils.


J’ai entendu parler du roman Noé par le biais des réseaux sociaux, alors que je suivais le parcours de son auteur. Instantanément, la couverture et le résumé m’ont donné très envie de lire cette histoire. Je tiens à remercier Sébastien Tissandier pour m’avoir permis de découvrir son roman en service presse, et sans plus attendre, je vous livre mon avis :

J’attendais beaucoup de ce texte et de la façon dont il revisiterait l’arche de Noé ! Et je n’ai pas été déçue. Je suis entrée dans l’histoire avec beaucoup de facilité puisque le style d’écriture maitrisé et agréable rend la lecture fluide. Le rythme est travaillé et je n’ai remarqué ni lourdeur ni répétition. Les dialogues sont efficaces et crédibles, notamment au vu de l’âge des personnages et de leur situation. Les descriptions quant à elles nous permettent de bien nous représenter ce dont il est question. On appréhende rapidement l’univers de Noé.

On suit un petit garçon malade à l’hôpital, qui attend de se faire opérer. Dans la même chambre que lui, un vieux monsieur occupe le lit voisin. Pour rassurer l’enfant, il lui propose de lui raconter une histoire. Le roman alterne alors entre le présent de narration et le récit fait à l'enfant. Cette construction en deux temps est efficace, dynamique et originale. Elle apporte une dimension particulière au texte.

J’ai vraiment apprécié l’intrigue de ce roman, bien amenée elle a su me surprendre. Le mythe est ici revisité d’une façon tout à fait intéressante, qui prête à réfléchir et permet d’aborder des problématiques en lien avec l'anticipation. Et c’est ce que j’ai aimé dans ce texte, l’auteur ne se contente pas de nous donner sa version de l’arche de Noé, il se la réapproprie totalement, nous ne sommes pas dans le simple remake si je puis dire.

Les personnages sont bien construits et crédibles, et ce en dépit du format court de Noé. Leur réaction vis-à-vis du drame qu’ils vont devoir affronter m’a paru tout à fait cohérente. Malgré le sujet sérieux de l’œuvre, et le message que celui-ci diffuse concernant notamment la disparition des espèces animales, il se dégage de ce roman une ambiance plaisante et presque poétique. Le monde du passé et celui du futur se mêlent à merveille, sans tomber dans quelque chose de kitch ou d’incohérent.

J’ai pris énormément de plaisir à découvrir cette histoire, dévorée en une après-midi, qui a suscité en moi de fortes émotions. Seul regret : la brièveté du texte qui, à mon sens, ressemble davantage à une novella qu’à un roman. Certains passages m’ont laissé un goût d’inachevé et je trouvais qu’ils manquaient d’approfondissements.
Toutefois, je me doute que ce choix était pleinement assumé afin de se recentrer sur l'essentiel, et même si j’ai eu parfois la sensation qu’on passait trop vite sur les choses, cela ne m’a pas empêché d’aimer ma lecture.

Pour conclure, je dirai que le dernier gros point fort de ce roman fut sa fin ! C’est pour moi un élément véritablement important dans le roman qui se doit de marquer le lecteur, d’une façon ou d’une autre. Or, les dernières pages de Noé m’ont bouleversé ! Alors que je pensais avoir saisi la finalité de l’histoire, l’auteur a su me surprendre et m’émouvoir.

Une très belle découverte que je conseille vivement ! Vous ne serez pas déçu !

lundi 2 mai 2016

Chronique : Guerre aux grands ! - Pierre Léauté

Titre : Guerre aux grands !
Auteur : Pierre Léauté
Éditeur : Le Peuple de Mü
Genre : Uchronie
Résumé : 1939. Augustin Petit tient enfin les grands dans sa main et s’apprête à la refermer sur eux. Devenu Empereur des Français, il lance sa croisade ultime envers et contre tous… et surtout malgré l’équipe de bras cassés qui l’accompagne.
Des pyramides égyptiennes aux palais de Rome, rien ne pourra arrêter l’ascension du plus petit des grands hommes.
Avec la suite de Mort aux grands !, sélectionné pour le Prix ActuSF de l’Uchronie, Pierre Léauté boucle son diptyque sur la folle attirance des peuples pour les dictateurs.



Ayant bien apprécié la lecture de Mort aux grands ! (dont j'avais parlé ici) c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accepté de lire sa suite, Guerre aux grands! Je remercie beaucoup Pierre Léauté de m’avoir permis de découvrir ce dyptique.

    Dès les premières pages, l’on se régale d’un style d’écriture vif, impactant et fluide qui m’avait déjà beaucoup plu dans le premier tome. Le roman se lit avec aisance, le rythme et la dynamique sont maitrisés. De fait, les chapitres s’enchainent sans temps mort et l’intérêt du lecteur ne s’épuise pas.

   Nous sommes ici propulsé dans l’empire d’Augustin Petit que rien ne semble pouvoir arrêter ! L’auteur laisse éclater au grand jour le caractère excessif et la folie de son personnage, qui n’hésite pas à mettre sur pied un régime totalitaire pour assoir son pouvoir. Il nous peint ici, non sans humour, un portrait satirique de ce dictateur quelque peu ridicule. Un humour grinçant, certes, mais pourtant bougrement efficace qui pimente le roman. Tout est dans la grandiloquence, l’absurde et ces deux notions rendent la critique de la soif de pouvoir des Hommes plus explosive encore.

   J’ai particulièrement aimé le fait que cette uchronie emprunte beaucoup à l’Histoire, détournant des figures connues pour les mettre en scène de façon hilarante. On y trouve également des allusions à des faits contemporains dont l'auteur plaisante. Cela permet de créer un décalage amusant et donne au texte une dimension intéressante et plus profonde. Ces évocations semblent rappeler aux lecteurs que peu importe l'époque, l'Homme garde souvent les mêmes travers.

   Ce que j'ai pu reprocher à ce tome découle de ses points positifs. Le fait qu’il soit en partie emmailloté dans notre réalité, et emprunte beaucoup à notre Histoire et notre actualité le rend au final assez prévisible. On se doute vite de l’orientation que prendra l'intrigue. Je trouve qu'il aurait gagné à être intégré dans le premier opus plutôt que de constituer un livre à lui seul, car il n’apporte pas de réelles nouveautés. Malgré tout, l’humour omniprésent et si bien maitrisé de Pierre Léauté et la narration à la première personne rendent ce récit intéressant et dynamique.

J’ai dévoré Guerre aux grands ! avec beaucoup de plaisir et je suis ravie d'avoir pu découvrir cette suite. Je le conseille sans hésitation à ceux qui avaient aimé Morts aux grands ! 
Je vais suivre avec attention le parcours de Pierre Léauté.  

Laura 

lundi 25 avril 2016

Nouveau retour sur Uneksa !

Ce matin, j'ai reçu la chronique détaillée d'Alice Adenot-Meyer qui a découvert Uneksa il y a peu. J'ai décidé de vous la partager ici car je la trouve particulièrement riche et bien construite. 
Merci encore pour ce retour ! 
Il me touche particulièrement car en écrivant Uneksa, j'avais conscience que le roman pourrait dérouter, qu'il s'écartait des carcans du genre.... Mais je souhaitais aussi parler d'onirisme, de poésie et retranscrire cette atmosphère si particulière qui nous saisi lorsque nous émergeons d'un rêve profond, tout en laissant la part belle aux personnages. 
Le pari semble réussi, je vous laisse lire : 

Pour moi, la lecture d'Uneksa s'est révélée intéressante par bien des aspects, mais également assez déroutante. Attention, je ne mets dans cet adjectif aucune nuance péjorative. C'est juste que j'ai du mal à décrire précisément ce que j'ai ressenti durant cette lecture. J'y ai pris du plaisir, certes, mais j'ai éprouvé aussi quelques  difficultés à m'y retrouver. Peut-être est-ce dû au fait que je ne lis que rarement de la SF.

Le point le plus important à mes yeux, c'est que Laura Ferret-Rincon possède, incontestablement, un style d'écriture personnel et très prometteur. Malgré quelques maladresses et lourdeurs qu'on peut mettre sur le compte de la jeunesse et de l'inexpérience de l'auteure, j'ai été sensible aux nombreuses belles trouvailles qui font de son écriture quelque chose d'inspiré, de poétique. L'auteure réussit à créer une ambiance très particulière, faite de mélancolie, de rêve, de doute, une atmosphère troublante qui perturbe et met un peu mal à l'aise. C'est pour moi la force de ce roman : on est pris dans cette ambiance et on tourne les pages avec un mélange d'impatience et d'inquiétude. On ne saisit pas bien où l'auteure veut nous mener, mais on la suit presque malgré soi dans ce voyage insolite, déstabilisant.

Un des aspects originaux d'Uneksa est qu'aucun personnage ne prend vraiment le dessus sur les autres, même si Antoine, l'écrivain "raté", est celui qu'on suit du début à la fin et qui nous est le plus proche. Dans la façon dont l'auteure nous dresse le portrait des protagonistes, il y a quelque chose de flou, d'incertain, ce qui participe à cette impression d'étrangeté. Le contexte est lui aussi peu détaillé, on imagine plus ou moins les décors mais les descriptions restent légères, peu appuyées. On évolue dans un monde futuriste, en pleine anticipation, mais les éléments techniques, s'ils sont présents, sont peu évoqués et ne prennent que peu de place dans l'intrigue. Seule la fameuse "cuve" mise au point par l'entreprise Uneksa et dans laquelle s'opère la matérialisation des rêves, est un peu plus exploitée dans ses fonctionnalités, mais on demeure quand même dans l'évocation, aucun détail précis n'est donné sur son apparence ou son mode de fonctionnement.

Si ce roman a un défaut, c'est peut-être justement le défaut de ses qualités : un peu trop de flou, du moins, à mes yeux de lectrice rationaliste. J'aurais aimé, parfois, comprendre mieux, aller plus loin dans l'exploration de ce contexte pourtant intriguant et prometteur à plus d'un titre. Déjà, quels sont précisément les enjeux de cet espionnage industriel mené par l'équipe de Xen pour Uneksa et dont Loreleï va se faire exclure... Ce que signifient les codes qu'elle est justement chargée de récupérer auprès de Nathan... Quelles sont les expériences que l’hôpital Sainte-Lumière mène sur les enfants qui lui sont "confiés"... etc. etc. Je suis restée un peu sur ma faim de ce côté là. Beaucoup de pistes sont esquissées et pas forcément menées à terme. Un peu plus de précision aurait permis d'éclairer les réactions des personnages qui m'ont paru parfois un peu étranges, inexpliquées.
Cependant, je tiens à dire que même si je n'ai pas saisi pleinement les motivations d'Antoine, j'ai trouvé la fin très belle, très poétique, assez envoûtante dans sa dimension fantastique.

Laura Ferret-Rincon a sans contexte du talent et je lui souhaite le meilleur pour ses futurs projets !

dimanche 24 avril 2016

Chronique : Faux raccord - Mell 2.2

Titre : Faux raccord
Auteur : Mell 2.2
Genre du roman : Dystopie
Édition : Boz'Dodor
Public : Adolescent
Résumé :
Hors des hauts remparts protecteurs de Tenbo-dai, la vie n'existe plus.
Faux !
Clémentine, elle, vient de l'extérieur, dans une zone soit-disant contaminée entre la muraille deux et trois, au cœur des guerres de gangs pour contrôler ce secteur.
Elle ne s'imaginait pas voir un jour l'intérieur de la cité de ses propres yeux orange.
Elle ne s'attendait pas à ce que le vent ne fouette plus ses longs cheveux blanc comme le lait.
Elle ignorait que ses attributs particuliers pouvaient la lier à quelqu'un et ainsi lui faire perdre sa liberté à jamais... si tant est qu'ils soient compatibles.


Je ne connaissais pas du tout Faux-raccord avant que les éditions Boz'Dodor (que je remercie chaleureusement) me proposent de découvrir ce livre en service presse ! Je me suis lancée dans l’histoire sans lire le résumé, car je n’aime pas me gâcher la surprise, et le moins que je puisse dire c’est que j’ai été agréablement surprise par l’histoire.

Nous sommes projetés dans un univers post apo et suivons la dure vie de Clémentine, fille d’un chef de gang, qui n’hésite pas à jouer des poings pour s’en sortir et a un caractère bien trempé. Les premiers chapitres servent donc à poser le décor, ce que l’auteur fait efficacement avec un style agréable et fluide. J’ai d’ailleurs particulièrement aimé le caractère soutenu de l’écriture se mêlant au langage parlé de l’héroïne, qui nous donne un mélange tout à fait crédible et détonnant.
Le récit ne tarde pas à démarrer, entrainant le lecteur dans un récit dynamique et prenant. Si j’ai craint au début de tomber dans des lieux communs, je dois admettre que l’histoire est riche, bien menée, et sait nous surprendre. L’auteur parvient à innover tout en nous proposant un récit au rythme soutenu, ne souffrant d’aucun temps mort. Le nœud même de l’intrigue est d’ailleurs tout à fait original, reposant sur des explications que l’on pourrait dire « scientifiques » et qui rendent ainsi l’ensemble tout à fait crédible. Même si les effets de certaines révélations sont ménagées, à aucun moment le lecteur ne reste dans le flou ou l’ignorance. Chaque action est expliquée et reste crédible.
Le seul petit point faible que j’ai pu trouver est dans les dialogues, ils peuvent sembler parfois trop adolescents, mais cela est sans doute imputable à l’âge des personnages. Il y a également, de-ci de-là, quelques répétitions, mais rien de bien dramatique.
Je termine sur le dernier point fort de ce roman : la caractérisation des personnages. Vous commencez à me connaître, j’ai toujours du mal à accrocher à un roman où les protagonistes ne sont là que pour faire avancer l’histoire. Ici, Mell 2.2 parvient à rendre ses personnages profonds et réalistes, et leurs interactions, leurs relations amoureuses et amicales sont travaillées avec soin. Point positif supplémentaire, ils ont de l’humour (efficace !) et cela permet au lecteur de souffler et de prendre une bouffée d’air frais.

Si cette chronique est un peu courte, c’est parce qu’au fond je n’ai rien trouvé de « négatif » à dire, le roman fonctionne bien, l’intrigue est intéressante et les personnages sont crédibles. Ce fut pour moi un agréable moment de lecture et je conseille sans problème Faux raccord aux amateurs de Dystopie.

PS : Mention spéciale au titre qui prend tout son sens à la lumière de l’histoire

mardi 29 mars 2016

Chronique : In bloom, Wanch

Titre : In Bloom
Auteur : Wanch
Édition : Nats Éditions
Nombre de pages : 72
Résumé : Un enfant, un père, une fleur
Ils se sont perdus
Ils se sont oubliés
Jusqu’à ce que tout bascule à nouveau
Extrait : site de l’éditrice

Présentation :
J’ai plutôt l’habitude de vous présenter des chroniques de romans. Toutefois, Nats Éditions avec qui je réalise très souvent des services presses m’a donné l’opportunité de découvrir In Bloom, une très bonne BD dont j’ai eu envie de vous parler ici. 



    Il y a des thèmes qui résonnent en nous plus que d’autres. Il m’a suffi de jeter un œil à cette BD pour voir qu’elle me parlait. 
    Nous suivons l’histoire d’un jeune garçon qui a perdu sa mère et a des rapports inexistants avec son père depuis la perte de celle-ci. La peine entraine une impossibilité du dialogue entre eux, malgré les tentatives du fils de nouer contact, ce qui bien sûr renforce sa solitude. Voilà pour l’histoire, mais si vous n’aimez pas les récits tristes, ne vous enfuyez pas tout de suite, car le tout est abordé de façon très douce, avec beaucoup de poésie. On retrouve d’ailleurs cette même poésie dans le traitement et l’évolution de l’intrigue. 
    Concernant le style de l’auteur, j’ai été particulièrement sensible à l’expression des personnages et à la manière dont est retranscrit l’environnement. Il y a une patte très forte dans ce dessin.
    Le récit alterne entre le présent et le passé. Cela est symbolisé par une palette de couleurs gaies pour les réminiscences qui sont des moments de joie et par des teintes plus sombres pour le présent. Cette esthétique nous faire ressentir les émotions des personnages sans l’aide des mots. La narration est assurée par le petit garçon et le choix de ce point de vue donne plus de poids à l’histoire. 

   Les dialogues sont bien construits, le style intéressant, texte et les images se complètent bien et nous livrent une histoire touchante, que l’on se plait à relire par la suite. Je remercie Nats Éditions pour cette belle découverte !

lundi 21 mars 2016

Chronique : Nalki T2 Le temps du Chaos - Alice Adenot-Meyer

Titre : Nalki T.1 - Matricule 307
Auteur : Alice Adenot-Meyer
Édition : Le lamantin  
Genre du roman : Aventure / Dystopie
Résumé :
Après son évasion du camp de Blache, Nalki décide de passer la frontière pour transmettre des documents susceptibles de renverser le pouvoir en place. Il devra avant tout se défaire du colonel Vladan, qui ne renonce pas à le pourchasser. Les évènements qui suivront ne seront pas du tout ceux que le garçon avait prévus...




C’était avec grand plaisir que j’avais lu le tome 1 de Nalki, Matricule 307. Aussi ai-je sauté sur l’occasion lorsqu’on m’a proposé de lire la suite ! D’autant plus que le premier opus nous avait laissé dans l’expectative. Après avoir repris notre souffle, voilà que nous redoutions le pire pour Nalki que Vladam n’était décidément pas prêt à oublier. 

       Je vous le dis tout net, j’ai adoré ce tome 2, je l’ai même préféré au premier, car à mon sens il donne à ce récit toute sa puissance. J’ai retrouvé dans ce roman les points forts du premier, du point de vue du style notamment, l’écriture est fluide, les descriptions permettent de bien se représenter l’action et le vocabulaire est maîtrisé. On voit qu’il y a une véritable maturité dans l’écriture, à aucun moment je n’ai eu l’impression de lire quelque chose de bancal ou de répétitif. Sur la forme, tout va bien, et sur le fond alors ? On continue sur la même lancée ! L’histoire est riche en rebondissements et très dynamique tout en restant toujours crédible et développée. Nous sommes tout de suite happé par la lecture, ce qui m’a volé quelques heures de sommeil (j’ai dévoré le roman en deux soirées à peine).
    J’aime beaucoup l’univers bâti par l’auteur, qui nous rappelle par bien des points la Seconde Guerre mondiale tout en s’ancrant dans un univers fictif crédible. Le choix de ce cadre confère plus de liberté et d’universalité à l’histoire. Il faut également prendre note du soin qui est apporté aux personnages.
    Vous vous souvenez peut-être que j’avais dit trouver Nalki un peu naïf dans le premier tome ? Ici, on remarque une nette évolution du personnage, celui-ci, forgé par les épreuves a muri au fil des pages. Mais le véritable coup de maitre est le personnage du colonel qui à lui seul pourrait justifier mon intérêt pour ce livre. Par sa profondeur, sa complexité et son ambivalence il est l’un des protagonistes les plus marquants que j’ai pu trouver dans un roman jeunesse. La relation instaurée entre lui et Nalki, à la fois intrigante et dérangeante ainsi que sa sensibilité à la musique, font de lui un personnage trouble. À l’instar de Nalki, le lecteur le déteste et ne peut pourtant se détacher de lui. On sent très bien le tiraillement intérieur du héros à son sujet, et on le ressent d’autant plus qu’on est projeté dans les mêmes sentiments.
     En dépeignant un criminel de guerre, un monstre qu’il serait pourtant facile de haïr et de détester, Alice Adenot Meyer parvient pourtant à nous présenter ses bons côtés. Cela n’a pas été sans me rappeler Un roi sans divertissement de Jean Giono qui nous montre qu’un meurtrier est aussi un être humain, qu’il serait facile et rassurant de le considérer comme un fou sans cœur, mais qu’il peut toutefois avoir des qualités ou une vie de famille…

    Ce dytique, puisque je parle là de façon plus générale de Matricule 307 et de sa suite Le temps du chaos est définitivement un gros coup de cœur. Les deux tomes se complètent d’ailleurs à merveille, il y a un réel travail sur la progression des personnages, et sur le rythme de l’histoire qui va crescendo jusqu’à une fin marquante. J’apprécie particulièrement qu’Alice Adenot Meyer nous livre une histoire réaliste, avec ses morts, ses guerres et ses injustices, tout en distillant dans le roman des notes gaies et positives comme l’on en trouve dans la vie quotidienne. C’est une œuvre poignante par sa sincérité et par la profondeur des personnages qui ne vous laissera certainement pas de marbre.

lundi 7 mars 2016

Chronique : Ale 2100 - Update 1.2 - Sophie G.Winner

Titre : ALE 2100 – Update 1.2
Auteur : Sophie G.Winner
Genre du roman : SF / Anticipation
Éditeur : Nats Éditions
Site officiel d’ALE2100
Résumé : Lola, alias WaveRider, aidée de ses coéquipiers Eo et L´Émissaire, continue à affronter les niveaux toujours plus difficiles du jeu ALE 2100. Alors que l´interface Sensation se fait de plus en plus forte, WaveRider prend conscience et s´inquiète du message de l´Alternative Life Experience, tout en essayant de sauver Valens, cet aventurier qui errait seul dans ALE.
Le moment de faire ses choix arrive...
Et vous, survivrez-vous à ALE 2100 ?


Si vous avez lu ma précédente chronique sur Ale 2100 vous savez que l’update 1.1 m’avait véritablement conquise. J’attendais donc énormément de l’update 1.2 et je n’ai vraiment pas été déçue ! Cette chronique sera peut-être plus brève que les autres puisqu’il ne s’agit pas d’un tome 2 à proprement parler, mais de la suite directe de l’update 1.1.

     Beaucoup de qualités de la première partie se retrouvent ici et aucun défaut majeur n’est venu faire son apparition pour atténuer le plaisir que j’avais à poursuivre cette histoire.
     Dans l’update 1.2, nous retrouvons donc nos héros là où nous les avions laissés, et après une rapide remise en contexte, le début se révèle déjà fort en rebondissement. Le style d’écriture est toujours aussi agréable et impactant, peu de répétitions, un vocabulaire travaillé, un langage jeune qui passe très bien et toujours ces pointes d’humour, ces expressions qui arrivent à faire sourire. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé l’alternance de moments sérieux et graves avec des passages plus légers, notamment dans les scènes du quotidien.
     Concernant l’intrigue, l’auteur a décidément le chic pour nous donner des sueurs froides tout en nous amenant à réfléchir. L’action, savamment dosée, nous emporte dans le texte sans que nous parvenions à en sortir. Il y a définitivement dans ce roman quelque chose de captivant, de profond, qui nous plonge dans une ambiance particulière tout au long de l’aventure. Dans cette atmosphère, les missions d’Ale et les messages que celles-ci diffusent ne peuvent que faire écho en nous. Au fur et à mesure, nous découvrons un futur sombre, alarmant, qui sait toutefois rester cohérent.
     La seule déception que j’ai eu est le fait que quelques petites intrigues secondaires ont été laissées en suspens [petit SPOILER surlignez le texte pour lire] :
 (je pense notamment à ce qu’il est advenu du père de Lola.)
     Les personnages, autant que leurs objectifs, évoluent. Ale n’est plus un simple jeu, pas question de gagner uniquement la somme promise au vainqueur. Et cette prise de conscience vaut aussi pour nous lecteurs.
     Si vous me connaissez bien vous savez que j’accorde énormément d’importance aux protagonistes. Ici, ils sont travaillés, profonds et réalistes. Chacun est doté d’une personnalité qui lui est propre et est utile à l’histoire. Chose importante, les relations entre eux sont très bien étudiées.
     Enfin, l’auteur nous offre une fin magistrale, dont je ne dirai rien au risque de vous gâcher le plaisir. Moi qui ai toujours le chic pour deviner la façon dont les romans vont s’achever je suis passée de surprise en surprise !

Vous l’aurez compris, cette suite a su combler mes attentes ! C’est avec le plus grand plaisir que je me suis plongée dans l’univers d’Ale et y ai survécu ! Je ne vous dirai qu’une chose, n’attendez plus pour découvrir ce très bon roman ! (Je n’ai jamais mis autant de points d’exclamation dans une conclusion, c’est dire !)

dimanche 14 février 2016

Chronique : ALE 2100 – Update 1.1 - Sophie G.Winner

Titre : ALE 2100 – Update 1.1
Auteur : Sophie G.Winner
Genre du roman : SF / Anticipation
Éditeur : Nats Éditions
Site officiel d’ALE2100
Résumé :
   2025
   Lola est une étudiante bruxelloise comme les autres, qui aime sortir avec ses amis, parcourir les carnets de voyages de son père disparu, s'occuper de ses petits frères, jusqu'à ce qu'elle enfile sur casque de réalité virtuelle et devienne WaveRuder, une gameuse efficace.
Lorsqu'elle est retenue pour tester le nouveau jeu révolutionnaire ALE 2100, permettant de percevoir des sensations physiques, elle rejoint avec l'Émissaire, l'équipe d'Eo.
ABots, catastrophes environnementales, folies des hommes... Les concepteurs d'Alternative Life Expérience ont une vision du monde en 2100 apocalyptique mais prévisible, dont Lola ne ressortira pas indemne.
Et vous, survivre-vous à ALE 2100 ?


Je l’admets, c’est bien le résumé très attrayant d’ALE 2100 qui m’a poussé à ouvrir les premières pages de ce roman. Je remercie d’ailleurs chaudement Nats Editions pour avoir rendu cette lecture possible ! Étant férue de science-fiction, je brûlais de savoir comment le thème de la réalité virtuelle serait traité ici. Je vous le dis tout net (pardon pour le suspens), j’ai été véritablement emportée ! Un coup de cœur comme il m’en arrive rarement !

La première chose qui m’a plu fut le style d’écriture ! Celui-ci, très fluide, dynamique, m’a paru tout à fait en corrélation avec l’univers et les personnages, sans que l’on bascule dans les stéréotypes ou le langage cru. On retrouve un vocabulaire gamer, jeune, qui se mêle à des expressions soutenues, des descriptions détaillées et un phrasé soigné. Notons enfin que même si j’ai remarqué quelques petites répétitions, celles-ci ne gâchent pas le plaisir de la lecture.
Je suis entrée dans l’univers avec une facilité déconcertante, pour ne plus m’arrêter par la suite. J’ai été tellement absorbée par ce récit, dont le rythme est efficace et travaillé, que j’avais hâte chaque soir de reprendre ma lecture, de la même manière qu’il tardait à Lola de se connecter dans ALE ! Ainsi, une ambiance tout à fait particulière se dégage de ce texte, qui alterne astucieusement entre scènes de la vie quotidienne et passages dans le jeu vidéo, évitant ainsi de tomber dans quelque chose de trop répétitif. L’univers est d’ailleurs tout à fait cohérent. Ayant fréquentée le monde des jeux vidéo, j’ai pu me retrouver dans les descriptions qui, une fois encore, ne basculaient pas dans le cliché de l’ado boutonneux ne vivant qu’au travers de son écran.
Si l’auteur parvient donc à poser un cadre réaliste, la surprise est également complète avec l’intrigue développée par la suite. Nous partons d’un postulat qui est relativement connu. Toutefois, c’est la façon dont l’auteur parvient à traiter ces thèmes à se les réapproprier et à bâtir sa propre histoire qui rend le récit tout à fait intéressant. Du côté de l’écriture, de l’univers et de l’intrigue, nous avons donc un sans-faute. Qu’en est-il des personnages ? Ma foi, ce n’est pas mal non plus ! L’héroïne est crédible et attachante, on la suit volontiers dans l’aventure, ainsi que les autres protagonistes qui sont relativement travaillés.
Ma découverte d’ALE2100 m’a totalement séduite. J’ai redouté de n’y voir qu’une adaptation de ce qui avait déjà été fait, et j’y ai trouvé à l’inverse un récit singulier et intéressant, servi par sa propre ligne directrice. Sans vous en dire trop, ce roman nous offre une vision particulière de l’avenir, et cette oeuvre engagée nous amène à réfléchir.
Enfin, j’ai particulièrement apprécié les pages insérées à la fin du récit qui nous en apprennent davantage sur l'écriture du roman, la création des personnages et sur le message que souhaitait faire passer l’auteur dans ce récit.

Pour conclure, vous trouverez ici une histoire intéressante et bien construite. Les thèmes de la réalité virtuelle et de l’écologie y sont exploités intelligemment et la plume de l’auteur permet une immersion totale. On entre dans ce roman facilement et j’ai souvent eu du mal à cesser ma lecture, tant je brûlais de connaître la suite. Je vous recommande chaudement ALE 2100 qui fut un réel coup de cœur. Je vais de ce pas me précipiter sur sa suite (l’update 1.2), disponible également chez Nats Editions. 

Laura - Page auteur 

jeudi 4 février 2016

Chronique : Éruptions - P.M Lorenz

 
Titre : Éruptions
Public : Adulte 
Auteur : P.M Lorenz
Genre : Fiction - fantastique
Résumé : Le soleil bout, plus fort que d’habitude. Beaucoup plus fort. Les éruptions solaires envoient des ondes, dans l’univers. Partout.
La Terre est touchée. L’atmosphère bloque la grande majorité. Pas la totalité.
Un message arrive. Un message qui n’aurait pas dû arriver, qui n’aurait pas pu arriver.
Les éruptions arrivent, des destins vont changer !


J’ai suivi le parcours d’Éruption sur le forum Jeunes Écrivains et étais très curieuse de la découvrir. Aussi n’ai-je pas hésité à me proposer pour le chroniquer dès que cela a été possible. J’étais donc partie avec un apriori positif et la lecture ne m’a absolument pas déçue, bien au contraire !

       Je suis entrée dans l’histoire avec beaucoup de facilité. Le contexte est présenté très clairement, et l’intrigue ne tarde pas à se mettre en place. Nous sommes amenés à changer souvent de personnages et de lieux, mais le découpage en chapitres balise intelligemment le récit et nous évite d’être perdus.
      Le style de l’auteur est agréable et très visuel. Toutefois j’ai regretté la trop forte récurrence de répétitions, qu’il s’agisse de mots ou de phrases entières. Cela conduit à une certaine lourdeur et casse parfois le rythme narratif. Même si certaines de ces redites étaient là pour mettre en exergue des éléments importants et créer un effet d’insistance, il me semble que leur recours était un peu trop important.
      Mais au-delà de cela, l'écriture est mature, sans fioriture, et sert efficacement le texte. Sans vous en révéler trop, l’histoire est axée en quelque sorte sur deux récits parallèles. A aucun moment je ne me suis sentie perdue, l’intrigue est claire, bien menée et originale. Il y a un vrai travail scénaristique qui est réalisé. À la façon d’un thriller, il règne tout au long du texte une tension palpable, qui nous entraine jusqu’aux dernières pages sans interruption. En effet, ce roman ne souffre pas de temps mort, l’auteur joue efficacement avec les ressorts du suspens et éveille notre intérêt. La fin ne dénote pas de l’ensemble et saura vous surprendre.
       Les personnages que l’on suit sont crédibles et bien construits. Bien qu’ils servent énormément l’action, le lecteur connait leur passé, leur histoire. J’ai également apprécié ce que représentaient les protagonistes, avec notamment la figure de l’écrivain en mal d’inspiration présente dans ce texte.

       En définitivement, même si j’ai eu quelques reproches à faire du point de vue de la forme, l’intrigue est originale et le travail sur le rythme nous tient en haleine. J’ai beaucoup aimé Éruption, vous y trouverez un astucieux mélange de fantastique, de thriller et de romance. Je vous le recommande ! 

Laura

lundi 25 janvier 2016

Chronique : Passeurs T1 - Lucille H.James


Titre du livre : Passeurs – T.1 Jeff Horlaw
Auteur : Lucille H.James
Genre du roman : Fantasy
Éditeur : Nats Éditions
Lectorat : Jeunesse, mais peut très bien convenir aux jeunes adultes
Résumé : Outre des professeurs détestables et une cantine infecte, l’institut Walter Walbotte totalise près d’une dizaine d’élèves portés disparus. Depuis cinquante ans, des collégiens s’aventurent dans la forêt autour de l’école pour ne plus jamais en revenir. Aussi, lorsque le jeune Nathan disparaît à son tour, Jeffrey Horlaw redoute le pire.
Lancé à sa poursuite avec son ami Ted, ils découvrent un puits secret, un manoir envahi de squelettes mutants et une organisation armée bien déterminée à intercepter les intrus.
Jeff avait tort : le pire ne fait que commencer.



Je remercie grandement Nats Éditions de m’avoir permis de découvrir ce roman que je brûlais de lire depuis que j’avais vu l’entretien avec son auteur sur la chaine Studio Placard (lien de la vidéo en question).  
C’est avec une forte attente que j’ai débuté ma lecture. On m’avait promis une histoire haute en couleur, sortant des carcans du genre, et je dois dire que j’ai été captivée dès les premières pages, renouant avec ce genre que je délaissais depuis quelques années. Je suis allée de surprise en surprise sans parvenir à interrompre ma lecture, et je dois l’admettre, Passeurs m’a réellement plu !  

Du point de vue du style, la plume de l’auteur est fluide, maitrisée et agréable. Lucille H.James est parvenue à faire coïncider des propos et des scènes comiques avec des évènements autrement plus graves et sérieux conférant au roman un caractère original !
L’intrigue est riche et bien construite. Il est plaisant de voir que les jeunes, à qui ce livre est destiné, ne sont pas pris ici pour des sots. En effet, la mort et les préoccupations politiques sont abordées sans détour ce qui confère au récit un intérêt et une crédibilité essentielle. L’histoire trouve aussi sa richesse dans le fait qu’elle peut facilement faire écho à des évènements de notre actualité, je pense notamment à la question de l’émigration et de la différence. Abordées de façon intelligente, ces thématiques amènent à réfléchir et rendent le récit plus profond.
L’auteur parvient à nous entrainer de la première à la dernière page, dans une aventure rocambolesque, au rythme soutenu qui ne souffre d’aucun temps mort. Il se dégage de Passeurs une ambiance tout à fait particulière, qui m’a, à certains moments, rappelé l’univers d’Alice au Pays des Merveilles et l’atmosphère loufoque de Tim Burton. Le monde est travaillé, réaliste, et le parallèle fait entre le pays de Jeff et celui des Passeurs est réalisé avec brio et participe à montrer l’isolement du personnage. Concernant les dialogues, ils sont pertinents et prêtent souvent à rire. À ce point fort s’ajoutent les descriptions travaillées, qui sans basculer dans quelque chose de trop lourd ou ampoulé, nous permettent de nous plonger efficacement dans le récit.
Les personnages sont développés et attachants, et les rapports entre eux ne paraissent à aucun moment superficiels. Il est parfois difficile dans une histoire de créer un groupe de personnages cohérent mais ici le pari est réussi et tout cela fonctionne très bien. Il est également appréciable de voir que malgré le fait que le héros soit catapulté dans un monde qui n’est pas le sien, rempli de magie et de créatures étranges, l’auteur a su éviter des lieux communs pour créer ses propres codes. Oubliez ici l’histoire de l’orphelin élu, Jeff devra trouver sa place et se rendre utile grâce à des compétences qui lui sont propres, et non pas par un quelconque don extraordinaire.
J’ai cependant regretté de retrouver des créatures déjà existentes, comme les golems par exemple, car il m’a semblé que leurs présences rendaient certaines scènes un peu trop attendues. Étant donné que l’auteur a inventé ses propres monstres j’aurai aimé les découvrir un peu plus en détail plutôt que de trouver des bêtes connues. 

En définitive, cette histoire m’a entrainé dans un univers de fantasy atypique, où l’auteur mêle avec brio humour et sérieux, le tout servi par une écriture soignée et une intrigue innovante. Je ne peux que vous conseiller de rejoindre les Passeurs que vous soyez un ado ou un jeune adulte. J’attends de mon côté avec impatience la sortie du Tome 2 que j’ai hâte de découvrir. 

Laura F.R