dimanche 24 juillet 2016

Comment mettre en page son roman

~Article initialement écrit pour le Webzine de Génération écriture~

photo et article : Les dessous de la plume
Ça y est, vous avez fini, votre texte est corrigé, plus de coquilles, plus de lourdeurs ni de passages inutiles, pourtant, n’avez-vous pas oublié quelque chose dans l’équation ? Eh oui, la mise en page ! Oh, je vous entends déjà râler. C’est souvent l’une des étapes dont on s’occupe en dernier (parfois par-dessus la jambe) tant l’opération peut-être longue et fastidieuse.
Pourtant, je ne vous apprendrai sans doute rien en vous disant qu’un texte qui n’est pas suffisamment lisible et aéré aura peu de chance d’être lu.
La mise en page, c’est important à la fois pour le lecteur, mais aussi pour l’image que vous donnez de votre texte. Dès lors, pas question de faire l’impasse dessus.
Mais voilà, pour éviter de devoir relire vos 200 pages d’un bloc pour rajouter tous les alinéas manquants, voici quelques règles que vous pouvez appliquer au moment de l’écriture :

Quelques astuces de mise en page

Laissez les mots respirer. Changez de page à chaque nouveau chapitre. N’hésitez pas à passer à un autre paragraphe régulièrement sans oublier de faire un alinéa, et ne sautez une ligne qu’en cas de changement de lieu, de temporalité ou de point de vue. Le saut de ligne sert à marquer une rupture. Pour un changement plus accentué, vous pouvez mettre un astérisque par exemple (il peut signifier une ellipse), mais n’en abusez pas. Pensez à justifier votre texte, ça évite les problèmes de mises en page et c’est bien plus joli à regarder.

Respectez la présentation des dialogues :

Lors de mes envois à des maisons d’édition, ou quand il me fallait présenter un travail dans mon master, la remarque que j’ai entendue le plus souvent était « faites attention aux dialogues ! ». Et pour cause, un dialogue mal présenté peut être un vrai calvaire à lire.
Un dialogue s’ouvre et se referme par des guillemets français, autrement dit, ceux-ci « ». Oui je sais, cela peut paraître simple et pourtant un certain nombre de manuscrits que j’ai eu l’occasion de voir ne respectaient pas ces consignes.


Entre le moment où vous ouvrez et fermez le dialogue, il vous faut mettre des tirets cadratin à chaque prise de parole. Ils ressemblent à cela : — et sont réalisables par une série de manipulations (ctrl + alt + touche - moins du pavé numérique) ou paramétrables selon votre logiciel de traitement de texte. Attention, les tirets qui commencent chaque paragraphe parlé d’un dialogue ne doivent pas être ceux d'une liste à puces mais bien ceux présentés plus haut.
Certains éditeurs demandent simplement des tirets cadratin dans les dialogues et pas de guillemets, mais dans ce cas ils le précisent (nous y reviendrons).
Enfin, faites attention à la ponctuation. Lorsqu’une particule narrative suit une phrase de dialogue, elle ne commence jamais par une majuscule. Exemple ici :
— Tu devrais rentrer, dit-il.
Et non pas :
— Tu devrais rentrer. Dit-il.

N’oubliez pas non plus les alinéas dans vos dialogues, ils sont essentiels ! Et puisqu’on en parle, faisons le point sur cette notion :

Les alinéas :

C'est le petit espacement qui va éviter que votre texte soit un seul et unique bloc compact. On le trouve devant chaque nouveau paragraphe et dans des dialogues comme dit plus haut. Sa présence facilite grandement la lecture et il est attendu dans tout texte respectant les règles de mise en page. En effet, l’alinéa, c’est un peu comme le clignotant, il n’est pas facultatif et pourtant peu de gens le mettent malgré son utilité. Selon les traitements de texte, vous pouvez l’obtenir en réglant les paramètres des retraits et espacements, ou en appuyant sur la touche TAB.

La ponctuation :

En français, il y a ce que l’on appelle un espace insécable avant et après certains signes de ponctuation. Dans la plupart des traitements de texte, si vous l’avez réglé par défaut sur la langue française, ces espaces devraient s’inclure automatiquement dans votre document. Parfois, ce n’est pas le cas. Il est donc important de vérifier, en vous servant de la fonction « afficher tout » de Word ou en utilisant des logiciels de correction qui vont relever les espaces manquants.

Les accents :

Il est nécessaire de mettre les accents sur les majuscules, comme pour le mot Écriture (seuls les sigles échappent à la règle). Sur certains traitements de texte, cela se fait automatiquement ou est suggéré par le correcteur. Mais il peut arriver qu’il faille ajouter manuellement un accent sur une majuscule. Il vous suffit de trouver les touches de votre clavier correspondant aux accents, une rapide recherche internet vous montrera les raccourcis. Par exemple pour le É il faut faire = alt + 144

L’italique :

L’italique s’emploie dans le cas où vous utilisez un mot latin ou étranger. Par exemple pour le terme a priori.
On le retrouve également lorsqu’il s’agit de reprendre une citation ou d’inscrire le titre d’un roman. Mais il peut aussi être employé pour mettre en évidence une idée ou montrer que l’auteur (vous) reprend un terme qui ne lui appartient pas directement. Cependant, lorsque vous parlez du titre d’un poème ou d’une chanson, cela sera entre guillemets. Pareil si vous citez une nouvelle appartenant à un recueil.


Règles de mise en page pour envoyer son roman aux éditeurs

La mise en page est importante dans un souci de confort de lecture, mais également dans la mesure où cela va donner une bonne ou à l’inverse une mauvaise image du manuscrit. Vous n’iriez pas en entretien d’embauche en baskets et tenue dépareillée ? Là c’est un peu le même principe.
Sachez que je vais vous exposer ici les règles de présentation type. Chaque éditeur a ses préférences, et celles-ci peuvent varier d’une maison d’édition à une autre. C’est à vous de vous renseigner sur les modalités d’envoi. En général, lorsqu’un éditeur a des attentes particulières, elles sont indiquées sur son site. Quand rien n’est mentionné, vous pouvez vous fier au modèle de base.

- Évitez les fioritures, pas d’illustrations, de police fantaisie. Partez sur quelque chose de simple, de clair et d’aéré. Ne mettez pas de styles de texte différents, restez sur du Times New Roman en taille 12, c’est une valeur sûre.

- N’imprimez qu’au recto. Oui c’est cher, oui ce n’est pas pratique. Mais c’est pourtant la consigne qui revient le plus souvent. Je vous conseille de vous y plier, sauf si votre roman est un énorme pavé auquel cas vous pouvez vous renseigner pour savoir si ce point est obligatoire.

- Mettez des marges larges et des interlignes 1,5 ou 2, les éditeurs aiment bien annoter les textes.

- Numérotez les pages et faites un saut de page à chaque nouveau chapitre.

- Pensez à vérifier les alinéas sur les dialogues, ils ont tendance à sauter quelquefois.

- Sur la première page de votre texte, indiquez uniquement le titre, vos coordonnées, ainsi que toutes les infos que demanderont les éditeurs.

En espérant que cet article vous aura aidé, il m'a fallu un bon moment pour l'écrire. Le sujet est vaste, alors si vous avez des questions ou si j'ai oublié quelque chose, n'hésitez pas à laisser un commentaire. 

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